BIOGRAPHIE

Je suis Juliette Camaroes, née un 6 avril à Yaoundé au Cameroun d'un père camerounais et d'une mère franco-camerounaise. Vers l'âge de 2 ans j'arrive en France pour rejoindre mon père, alors étudiant en architecture. Je ne verrai ma mère qu'en de rares occasions jusqu'à mes 18 ans.

A l'école je m'ennuie, c'est trop facile et trop lent, j'ai d'excellentes notes sans rien faire. Parfois je m'auto-sabote pour montrer que je suis comme tout le monde, éviter certaines remarques, et je perturbe les cours par besoin de prouver que je ne suis pas qu'une intello. Résultat, je passe un test. Je suis surdouée. Alors en 4ème, j'intègre « la classe précoce » du collège Françoise d'Amboise Chavagnes, un collège privé du centre ville de Nantes. Un grand changement d'environnement pour moi qui vit à Bellevue.

J'aime le français, alors quand en CE1 je découvre le dictionnaire, je suis émerveillée. Cet objet contient tous les mots de la langue française ! C'est un outil puissant. Puis vient la rentrée de 6ème, en magasin j'hésite entre un Larousse et un Robert. Je prends le Robert et de temps en temps je le lis chez moi par plaisir. Je prends aussi un dictionnaire français-anglais et je m'amuse à traduire les chansons de Britney Spears en français. Adulte, je réutiliserai cette technique pour apprendre l'italien toute seule.

J'aime la poésie, je pleure en découvrant « l'Albatros » de Baudelaire, je me reconnais dans tout ce qui est décrit. Adulte je découvrirai que les zèbres ou HPI, on ne dira plus surdoués, ont souvent ce qu'on appelle « le complexe de l'albatros ». Le jour de la récitation je retiens mes larmes. J'ai 20/20.

Les poèmes, je ne fais pas que les réciter, je les vis, je les joue, j'y mets du rythme, des émotions et je commence à en écrire. Ça me fait du bien. L'écriture devient mon échappatoire rejoint plus tard par la lecture. Le CDI devient mon QG, puis la médiathèque où naîtra mon amour pour Stephen King et Edgar Allan Poe.

Au collège je m'inscris en cours de théâtre. Je découvre un espace où je peux dire tout ce qui se passe dans ma tête librement, sans être jugée, un endroit où l'imaginaire et le monde fou et plein d'incohérence qu'il y a dans ma tête a une place de choix. Je peux y être librement bizarre et on me félicite pour ça. Je suis heureuse. Je peux aussi y être quelqu'un d'autre mais par plaisir et non pas par réflexe de survie.

Durant cette période je tombe amoureuse de Voltaire, et quand je vais mal je me dis que j'aimerais que Pangloss soit mon mentor. Puis les personnages de Tim Burton arrivent dans ma vie. Des personnages décrits comme bizarres, comme moi. Quel bonheur.

Mais bon le plus important c'est les études. Alors j'obtiens un Master de biologie à la fac de Versailles puis je travaille un temps dans la recherche clinique sur le cancer du sein. Je vibre pour la génétique mais l'industrie pharmaceutique n'est pas le meilleur endroit pour pouvoir exposer toute ma créativité.

Alors je suis ce que mon coeur me dit de faire et en 2020 je décide de me former pour devenir comédienne. D'abord au PAT Studio puis au Paris Meisner Studio.

Il est loin ce jour où en CP j'ai dit fièrement « Jacques Prévert » à la fin de ma 1ère récitation de poésie. Mais ce besoin naturel et viscéral de raconter et vivre des histoires est toujours là.

Je suis toujours décalée, trop intense et bizarre pour certains, j'ai toujours du mal à comprendre et intégrer les codes sociaux que je mime mais j'accepte petit à petit ces ailes de géant qui m'empêchent de marcher et qui ne demande qu'à être déployées pour dévoiler sans crainte toute leur majesté.